Les chemins du Mendrisiotto après la pluie ont un charme particulier : odeur de terre, crissements des cailloux et parfois de belles portions boueuses qui mettent à l’épreuve notre matériel et notre technique. Après plusieurs sorties et tests sur le terrain, voici mon retour sur le choix des pneus et des pressions pour rouler gravel en sécurité et avec plaisir quand le sol est mouillé.
Comprendre le terrain du Mendrisiotto
Avant même de parler pneus ou pression, je m'attache toujours à analyser le type de chemin. Dans le Mendrisiotto on trouve :
Chaque type demande une approche différente. Un pneu efficace en vignoble compact peut être trop agressif sur cailloux, et inversement. D'où l'importance de choisir un compromis selon vos sorties habituelles.
Largeur et profil : mes recommandations
Pour moi, la largeur du pneu est le premier critère. Sur chemins mouillés je privilégie des pneus plus larges pour deux raisons : meilleure traction et plus de confort. Concrètement :
Le profil compte aussi : des crampons latéraux marqués améliorent l’accroche en virage, tandis que des centrales plus espacées facilitent l’évacuation de la boue. J'aime les pneus avec une bande centrale modérément cramponnée — pas trop lisse, pas trop blocquée.
Cas tubeless vs chambre à air
Je roule presque exclusivement en tubeless pour les parcours mouillés. Les raisons :
Si vous restez en chambres à air, augmentez légèrement la largeur et veillez à une protection anticrevaison (chaussettes ou bandes) car la boue colle souvent de petits débris aux pneus.
Pression : plus basse, mais pas trop
La pression est l’outil le plus puissant pour améliorer l’adhérence. Sur sol mouillé, je baisse la pression par rapport à la route sèche, mais avec prudence pour éviter le risque de croûtage (pincement) ou de déchaussement sur les jantes larges. Voici les fourchettes que j’utilise comme repères — ajustez selon votre poids et la largeur des jantes :
| Pneu | Poids cycliste (kg) | Pression recommandée (bar) |
|---|---|---|
| 35–40 mm | <75 | 2,0–2,3 |
| 35–40 mm | 75–90 | 2,2–2,6 |
| 40–47 mm | <75 | 1,6–2,0 |
| 40–47 mm | 75–90 | 1,8–2,2 |
| 47 mm + | <90 | 1,4–1,9 |
En pratique, je commence la sortie avec une pression un peu plus haute pour évacuer les zones très grasses et je baisse si je sens que la traction manque. Évitez de descendre sous 1,4 bar sur des jantes étroites ou si vous avez des chambres : le risque de pincement augmente.
Choix des modèles et marques
Je cite quelques pneus que j'ai testés et que je recommande pour nos sentiers :
Si vous roulez souvent en boue collante, cherchez des semelles avec des espacements plus larges entre crampons pour éviter que le pneu ne se remplisse.
Protection anti-crevaison et scellement
Je mets systématiquement du liquide préventif (sealant) dans mes pneus tubeless — 30–60 ml selon la largeur du pneu est une base valable. En conditions boueuses j'opte pour la fourchette haute. En plus :
Un bon kit rustine et un compresseur portable (ou mini-pompe à haut débit) sont très utiles quand on doit regonfler après un passage sur rochers coupants.
Technique de pilotage sous la pluie
Le meilleur pneu ne compensera pas une mauvaise technique. Quelques règles simples que j'applique :
Sur les racines humides je garde un poids centré et je choisis des trajectoires qui maximisent l'adhérence latérale.
Entretien après sortie
Après une sortie boueuse, je nettoie les pneus et vérifie l'usure et les coupures. Pour les tubeless, je contrôle le niveau de sealant et la valve. Un pneu creusé ou très agressé doit être remplacé rapidement car la boue accélère l'abrasion.
Si vous souhaitez, je peux préparer un tableau personnalisé de pressions en fonction de votre poids exact, largeur de pneu et type de jante. Dites-moi vos paramètres et je vous donne des valeurs adaptées à vos sorties dans le Mendrisiotto.